Ex-ile.
Voilà plusieurs moi que j'ai quitté ce rocher inhospitalier. Cette terre hostile balayée par un vent rugueux et froid, arrosée par ces houles ensorcelantes, caressée par ces langues d'eau salée.
Partie sans rien dire. Eclipsée. Evanouie.
Ex-il.
Partie à cause de lui. Parce que lui. Parce que cette ile sans lui, ce n'est plus nous, ce n'est plus moi. Je ne me conjugue plus au pluriel. Réapprendre à exister au singulier. Je n'est plus nous. Je est redevenu moi toute seule.
Cela faisait déjà quelques temps que nous tanguait comme les frêles embarcations sur l'océan. Mais nous laisser divaguer était une occupation dans laquelle il execellait! Il me laissait dériver, comme happée dans un courant qui approche le rivage sans jamais l'atteindre. J'étais déjà sexilée avant d'être exilée.
Affichage des articles dont le libellé est instants glanés ça et là et passés au shaker de mon imagination. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est instants glanés ça et là et passés au shaker de mon imagination. Afficher tous les articles
jeudi 23 septembre 2010
lundi 15 mars 2010
Le ventre de Paris
— Il est 6h, tout de suite, les titres de l’actualité. Un homme est décédé cette nuit du froid dans le bois de Vincennes…
Clic.
La voix du réveil résonne dans la chambre et parvient difficilement à sortir Clara de son profond sommeil.
Et puis, un œil, l’autre. Debout.
Douche. Maquillage. Habillage. Café.
La porte de l’immeuble claque. Elle est dehors.
Le froid glace brutalement son visage et ses mains. Comme chaque matin, Clara est saisie par la température extérieure. Cette année, l’hiver est plutôt rude.
Le soleil n’est pas encore levé, les bourrasques de vent balaient les trottoirs encore vides de la capitale. Sa longue chevelure s’envole. Elle ajuste son étole, ses gants de cuir et s’élance d’un pas rapide en direction de la bouche de métro la plus proche.
Même itinéraire. Mêmes trottoirs. Mêmes façades d’immeubles haussmanniens.
Mêmes odeurs aussi. La cave du fromager. Le fournil du boulanger. Et plus loin, la halle aux fruits.
Idem, la surprenante odeur acre et doucereuse de sueur rance et d’œuf pourri qui transpire des murs du métro et saisi la gorge dès les premières marches descendues.
Mais chaque matin, Clara s’émerveille.
Elle s’amuse de l’entrelacs des lignes du métro. Bleues, vertes, violettes, jaunes, ces chemins colorés qui transpercent le ventre de la capitale l’envoûtent.
Un, deux puis trois escaliers. Et hop, elle est à vingt-cinq mètres sous terre. Elle traverse, vaporeuse, la ville de l’intérieur. Hommes, femmes, tous se croisent, s’emmêlent, se poussent, se bousculent. Tous ces corps qui se touchent, cela l’émeut.
Aveugle.
Elle ne voit pas la femme assise dans le recoin près de la vitrine, son enfant dans les bras.
D’elle, les murs du métro ne retiendront qu’une silhouette anonyme, fuyante, un voile parfumé qui s’évapore.
Inenvisageables. Des hommes, des femmes, de l’autre côté de cette paroi.
Plus bas, plus profond, loin des bruits, de la lumière des hommes et de la vie, des êtres privés d’existence, d’identité vivent terrés, repliés, calfeutrés.
Oubliée la cave du fromager, le fournil du boulanger, la halle du fruitier.
Senteurs d’égouts et d’œuf pourri, moiteur si caractéristique du ventre de Paris.
De l’entrelacs coloré des lignes du métropolitain, ils ne connaissent que les rats, les stations désaffectées, et l’insalubrité.
Inconcevables zombies poussés hors du tumulte de la vie. Éjectés du monde des vivants, rayés du monde de la surface.
Des hommes ? Non, des spectres qui survivent comme des animaux. Des pestiférés qui s’acharnent à conserver le peu de dignité qui fait d’eux des êtres encore humains.
Installés dans l’antichambre de la mort, ils attendent. Quoi ? Rien.
Survie. Ultime sursaut de reconnaissance. Parfois, l’un d’entre eux remonte à la surface.
Escaliers délabrés. Urine. Excréments. Déchets puants.
Il s’assoit près de nous. Si proche et pourtant invisible. Son nom, c’était Alain.
Recroquevillé par terre près de la poubelle, il croise ces silhouettes parfumées, ces chaussures cirées, ces mallettes verrouillées, ces milliers de jambes qui tourbillonnent.
Fatigué, il ne tend même plus la main.
Il attend prostré et finalement préfère au mépris et à l’ignorance de tous ces figurants de la vie, l’ennui et la pestilence du ventre de Paris.
Alors, il redescend fuyant toutes les Clara et leurs chaussures de cuir vernies.
Peut-être un jour, elles se rendront compte.
Elles et tous les autres.
Mais alors pour lui, pour Alain, l’ingénieur, ce sera trop tard. Le ventre de Paris aura déjà eu raison de lui.
samedi 10 octobre 2009
Ecolino et l'Or Bleu

_ Il faudrait que tu dises à ces humains de faire attention à ton eau !
_ Oui, mais comment ?
_ Laisse moi réfléchir un peu…
Pendant un long moment, la lune reste silencieuse.
_ Je sais, crie t-elle, soudain. Pourquoi tu ne leur enverrais pas Ecolino ?
_ Ecolino ? Répéte la Terre.
_ Mais oui ! Ecolino pourrait leur apprendre à utiliser l’eau et à ne plus la gaspiller.
[...]
_ Au contraire, dans les parties du monde où il y a beaucoup d’eau douce, les Hommes n’y prêtent pas attention.
Comme l’eau ne manque jamais, ils s’en moquent : ils laissent couler les robinets, remplissent leurs piscines, lavent leurs voitures, arrosent les cultures. Ils ont aussi de grosses usines qui ont besoin de quantités d’eau énormes pour fonctionner.
Et en plus, ils la salissent mon eau : elle est polluée par toutes leurs poubelles et tous les produits qu’ils mettent sur leurs légumes pour les faire pousser.
_ Comme je te comprends… C’est triste dit la lune. [...]

_ Oui, mais comment ?
_ Laisse moi réfléchir un peu…
Pendant un long moment, la lune reste silencieuse.
_ Je sais, crie t-elle, soudain. Pourquoi tu ne leur enverrais pas Ecolino ?
_ Ecolino ? Répéte la Terre.
_ Mais oui ! Ecolino pourrait leur apprendre à utiliser l’eau et à ne plus la gaspiller.
[...]
_ Au contraire, dans les parties du monde où il y a beaucoup d’eau douce, les Hommes n’y prêtent pas attention.

Comme l’eau ne manque jamais, ils s’en moquent : ils laissent couler les robinets, remplissent leurs piscines, lavent leurs voitures, arrosent les cultures. Ils ont aussi de grosses usines qui ont besoin de quantités d’eau énormes pour fonctionner.
Et en plus, ils la salissent mon eau : elle est polluée par toutes leurs poubelles et tous les produits qu’ils mettent sur leurs légumes pour les faire pousser.
_ Comme je te comprends… C’est triste dit la lune. [...]

Il est encore temps de faire sa toilette. Dans la petite maison où il s’est installé avec sa famille, Ecolino n’a pas voulu de baignoire parce qu’il faut beaucoup trop d’eau pour la remplir.
Alors pour se laver, il préfère prendre une douche et surtout, il ferme le robinet quand il se savonne.
[...]
Alors pour se laver, il préfère prendre une douche et surtout, il ferme le robinet quand il se savonne.
[...]
La place
Il était descendu rapidement de l’avion, avait passé les formalités de police sans encombre. Maintenant, il patientait dans le hall de l’aéroport. Il n’avait pas pris la peine d’attendre le responsable de son groupe. Devant le stand qui leur était réservé, il s’était assis sur une chaise et lisait la dernière publication sa bible, l’American Jornal of Cardiology. Absorbé par sa lecture il n’accordait aucune attention aux charmes qui l’entouraient. Aucun état d’âme pour la population bigarrée qui grouillait […]
Il suivait machinalement ces passages étroits, quand soudain, surgit d’un recoin du labyrinthe, comme une apparition, une silhouette couverte de voiles noirs et vaporeux flottant dans les airs.
Quelques minutes après, il déboucha sur une voie un peu plus large, un peu plus passante. Sans doute une partie du souk. Au Riad, le jeune homme lui avait dit de prendre à droite, il irait à gauche. La contradiction était une seconde nature chez lui, et puis à gauche tout semblait plus animé. Il croisait beaucoup de touristes, tellement identifiables, car attifés comme lui. […]
C’est vrai que pour lui, en dehors de la cardiologie, il n’y avait point de salut. Il vivait cardiologie, mangeait cardiologie, dormait cardiologie. Pour s’endormir le soir, il lisait des revues de cardiologie. D'ailleurs, cela faisait maintenant quelques années que sa femme l’avait quitté. Elle, n’était pas cardiologie ! Et à part la beauté miraculeuse de la science, d’un pace maker qui vient au secours d’un cœur trop fatigué, rien sur cette terre n’avait suscité en lui une quelconque émotion. Il était hermétique à tout ce qui n’était pas médical. [...]
Il suivait machinalement ces passages étroits, quand soudain, surgit d’un recoin du labyrinthe, comme une apparition, une silhouette couverte de voiles noirs et vaporeux flottant dans les airs.
Quelques minutes après, il déboucha sur une voie un peu plus large, un peu plus passante. Sans doute une partie du souk. Au Riad, le jeune homme lui avait dit de prendre à droite, il irait à gauche. La contradiction était une seconde nature chez lui, et puis à gauche tout semblait plus animé. Il croisait beaucoup de touristes, tellement identifiables, car attifés comme lui. […]
C’est vrai que pour lui, en dehors de la cardiologie, il n’y avait point de salut. Il vivait cardiologie, mangeait cardiologie, dormait cardiologie. Pour s’endormir le soir, il lisait des revues de cardiologie. D'ailleurs, cela faisait maintenant quelques années que sa femme l’avait quitté. Elle, n’était pas cardiologie ! Et à part la beauté miraculeuse de la science, d’un pace maker qui vient au secours d’un cœur trop fatigué, rien sur cette terre n’avait suscité en lui une quelconque émotion. Il était hermétique à tout ce qui n’était pas médical. [...]
lundi 5 octobre 2009
Petites chroniques du plus beau métier du monde
Comme tous les jours ou presque, une trentaine de seconde avant que le son qui sert de cloche - c'est étonnant d'ailleurs qu'il serve de cloche, à dire vrai, on pourrait croire à l'indicatif qu'on entend au milieu des salles d'embarquement à Roissy - retentisse au milieu des couloirs désertés, elle s'installe dans sa classe.
C'est toujours mieux d'être déjà là quand les élèves arrivent.
Et voilà le "bal des dadets" qui commence. Il faut les comprendre, ces jeunes, c'est dur de rester concentré pendant une heure - pardon 55 minutes-. Ils se rangent au compte goutte.
- Peut-être bien que d'ici dix minutes, on aura récupéré l'intégralité de la classe, pense-t-elle doucement, en regardant les yeux soulignés de noir de la jeune fille de 5ème là, devant elle.
- Calmez-vous un peu , vous êtres trop excités ce matin, hurle-t-elle à la cantonade.
Vingt minutes que le cours a débuté et il n'est toujours pas commencé. Elle soupire et attend. Finalement, les élèves se calment, et font silence. Elle a peur de le briser. Une minute de silence est si rare dans ce collège. A croire qu'il leur fait peur.
Elle se décide, reprend le cours où elle l'avait laissé la fois précédente. Alors qu'elle se retourne, elle est surprise par une vague de chuchotis, qui comme le flot, s'éloigne et revient. Rien de bien perceptible. Juste un mouvement discret. Des têtes qui se tournent. Des messages échangés à voix basse. Un rire étouffé.
- Décidément, se dit-elle, aujourd'hui, ça ne va pas être possible. Elle laisse une seconde chance. La rumeur enfle.
- Stop, vous sortez vos TOUS vos carnets de correspondance. Le premier que j'entends à deux heures et un mot à faire signer.
Elle se tourne, reprend la phrase au tableau.
- Chouf le cul de la prof, elle a un string!
La phrase est tombée comme un couperet. Prononcée assez fort pour qu'elle l'entende. Son bras est bloqué en l'air. Le stylo n'écrit plus. Sa respiration est arrêtée. Son visage diaphane empourpré.
La boulette. La méga boulette.
- Faire comme si de rien n'était et sanctionner, réfléchit-elle à toute vitesse.
- D'accord, rangez vos affaires, sortez une feuille, vous faites tous les exercices des pages 18 et 19. Je ramasse les copies à la fin de l'heure et je ne veux rien entendre.
Rebelles et boudeurs, les élèves finissent par s'exécuter.
Alors que le silence règne sur la classe, elle tire sa chaise pour s'asseoir, consciente de la faute qu'elle vient de commettre en négligeant le facteur culotte dans une classe où les ados ont quatorze ans. Et puis, zut! Elle range sa chaise sous le bureau et se promène dans la classe. Elle n'a pas encore fait de barème, mais le revanche du string sera terrible!
C'est toujours mieux d'être déjà là quand les élèves arrivent.
Et voilà le "bal des dadets" qui commence. Il faut les comprendre, ces jeunes, c'est dur de rester concentré pendant une heure - pardon 55 minutes-. Ils se rangent au compte goutte.
- Peut-être bien que d'ici dix minutes, on aura récupéré l'intégralité de la classe, pense-t-elle doucement, en regardant les yeux soulignés de noir de la jeune fille de 5ème là, devant elle.
- Calmez-vous un peu , vous êtres trop excités ce matin, hurle-t-elle à la cantonade.
Vingt minutes que le cours a débuté et il n'est toujours pas commencé. Elle soupire et attend. Finalement, les élèves se calment, et font silence. Elle a peur de le briser. Une minute de silence est si rare dans ce collège. A croire qu'il leur fait peur.
Elle se décide, reprend le cours où elle l'avait laissé la fois précédente. Alors qu'elle se retourne, elle est surprise par une vague de chuchotis, qui comme le flot, s'éloigne et revient. Rien de bien perceptible. Juste un mouvement discret. Des têtes qui se tournent. Des messages échangés à voix basse. Un rire étouffé.
- Décidément, se dit-elle, aujourd'hui, ça ne va pas être possible. Elle laisse une seconde chance. La rumeur enfle.
- Stop, vous sortez vos TOUS vos carnets de correspondance. Le premier que j'entends à deux heures et un mot à faire signer.
Elle se tourne, reprend la phrase au tableau.
- Chouf le cul de la prof, elle a un string!
La phrase est tombée comme un couperet. Prononcée assez fort pour qu'elle l'entende. Son bras est bloqué en l'air. Le stylo n'écrit plus. Sa respiration est arrêtée. Son visage diaphane empourpré.
La boulette. La méga boulette.
- Faire comme si de rien n'était et sanctionner, réfléchit-elle à toute vitesse.
- D'accord, rangez vos affaires, sortez une feuille, vous faites tous les exercices des pages 18 et 19. Je ramasse les copies à la fin de l'heure et je ne veux rien entendre.
Rebelles et boudeurs, les élèves finissent par s'exécuter.
Alors que le silence règne sur la classe, elle tire sa chaise pour s'asseoir, consciente de la faute qu'elle vient de commettre en négligeant le facteur culotte dans une classe où les ados ont quatorze ans. Et puis, zut! Elle range sa chaise sous le bureau et se promène dans la classe. Elle n'a pas encore fait de barème, mais le revanche du string sera terrible!
jeudi 1 octobre 2009
Lectures de l'été 2009
Voilà enfin, le cru estival 2009. Bonne lecture!!
La part manquante de Christian Bodin
Une série de nouvelles.
Un style élaboré, de belles métaphores.
Et pourtant, je n'ai pas accroché. Les thèmes trop tristes peut être...
Trois roses blanches de Jérôme Cayla


La part manquante de Christian BodinUne série de nouvelles.
Un style élaboré, de belles métaphores.
Et pourtant, je n'ai pas accroché. Les thèmes trop tristes peut être...
Trois roses blanches de Jérôme CaylaAh, celui- là, il était attendu! Arrivé par La Poste juste avant les vacances, il a suivi jusqu'en Sicile.
Un père qui cherche à retrouver sa fille, l'enquête d'un détective, le tout saupoudré d'humour et d'un zeste d'amour. Une recherche dans le passé qui ne s'essoufle pas. Bref, un style agréable, une histoire sympathique... De quoi passer un bon moment!

Du rimmel et des larmes de Jacqueline Remy
D'aucuns de demandent encore pourquoi j'ai pris ce bouquin en vacances... Pourquoi même l'ai-je acheté... Ben juste pour avoir le nom du papa de Zohra!
Non, bien sûr. C'est un livre lu uniquement par curiosité. Il est écrit entièrement à charge... Au lecteur de se faire son idée sur la personne sans tout prendre au pied de la lettre...

Villa Amalia, Pascal Quignard
La photo sur la couverture me plaisait bien (comme quoi...), et puis le film avait été encensé. Alors, je me suis dit "Pourquoi pas..."
La photo sur la couverture me plaisait bien (comme quoi...), et puis le film avait été encensé. Alors, je me suis dit "Pourquoi pas..."
Villa Amamlia, c'est l'histoire d'une femme qui part et qui plaque tout, qui cherche surtout à se (re)trouver. Le récit est dur, parfois à la limite un peu glauque. Le style est agréable et beau.
J'ai moyennement apprécié, du fat du contexte... Je ne pense pas que ce soit un livre à lire au bord de la piscine...
The fausse note de l'été...
Nan, je ne crache pas dans la soupe. Je n connaissais pas Guillaume Musso. Je n'avais jamais lu ses bouquins. J'ai progressé dans la vie, aujourd'hui hje peux dire "J'ai lu du Guillaume Musso", "J'ai lu Seras-tu là".
C'est la faute de ma voisine, elle m'avait c'est sympa pour lire sur la plage, ça se lit facilement.
Ben, boff quand même.
D'abord, l'idée de rencontrer mon double plus âgée me plait moyen, histoire de goût, je n'aime pas la science fiction. Après, oui, c'est une lecture facile, un style sobre, sans ambages, rien de bien compliqué.
Le petit dernier de l'été: Le petit Malik de Mabrouck Rachedi
La vie d'un gamin de banlieue balayée au fil des ans, de manière rapide, juste et efficace.
Sans faux atermoiements, et avec un style agréable, parfois cynique sans exagération, l'auteur nous fait passer un bon moment.
Je ne dis pas plus "qu'un bon moment" dans mon cas, car j'ai retrouvé dans ces pages des profil de gamins qui pendant les cours n'étaient pas toujours des tendres... Forcément, on sort marqué de tout ça...
lundi 14 septembre 2009
Je suis de retour....
Mais avant tout je vous dois quelques explications pour ce looooooooooooooonnnnnnnnnnnng silence...
D'abord, en juillet, il y a eu ça... Normal, ce sont les vacances scolaires... Mais qui dit Schtroumpfs à la maison dit maman toujours à fond....

Et puis après, il y a eu ça....
Mais, bon, c'est vrai, c'était pour la bonne cause....
Parce qu'après ça,
et ça...

on était en pleine forme!!

Seulement la rentrée est trop vite arrivée. Pour les Schtroumpfs mais aussi pour moi...
Alors j'ai préparé mes cours, taillé mes crayons, préparé mon cartable et mes stylos rouges...
Et j'ai chanté....
" Voilà, c'est fini... Je vais redevenir prof d'histoire géographie. Vraiment on se s'ra bien marrés pendant ces années... Mais c'est fini..."
Et là, je me suis dit, mais non! Ce n'est pas fini! J'aime trop écrire pour lâcher tout ça...
Alors, sûr que le temps de trouver un petit rythme la vie est cahotique, mais on tient le bon bout!!
Très bientôt: Mes lectures de vacances!!
D'abord, en juillet, il y a eu ça... Normal, ce sont les vacances scolaires... Mais qui dit Schtroumpfs à la maison dit maman toujours à fond....

Et puis après, il y a eu ça....
Mais, bon, c'est vrai, c'était pour la bonne cause....Parce qu'après ça,
et ça...
on était en pleine forme!!

Seulement la rentrée est trop vite arrivée. Pour les Schtroumpfs mais aussi pour moi...
Alors j'ai préparé mes cours, taillé mes crayons, préparé mon cartable et mes stylos rouges...
Et j'ai chanté....
" Voilà, c'est fini... Je vais redevenir prof d'histoire géographie. Vraiment on se s'ra bien marrés pendant ces années... Mais c'est fini..."
Et là, je me suis dit, mais non! Ce n'est pas fini! J'aime trop écrire pour lâcher tout ça...
Alors, sûr que le temps de trouver un petit rythme la vie est cahotique, mais on tient le bon bout!!
Très bientôt: Mes lectures de vacances!!
jeudi 16 juillet 2009
Réminiscence, James Tissot, A passing storm

Quelle idiote je fais, pensait-elle. Elle passait ses journées là, alanguie, abandonnée sur cette bergère où elle avait passé de si bons moments.
Comment ai-je pu croire une seule seconde à toutes ces sornettes? Tu es bien gourde, ma fille!
Les nuages qui bourgeonnaient dans le ciel ressemblaient à ceux qui lui piétinaient l'âme.
Trois jours que ce mal de coeur ne la quittait plus. Elle tanguait de l'intérieur, broyée par une lame de fond, prise en pleine tempête. Deux ans qu'elle se donnait à lui, se pliait à ses moindres désirs, et au bout du compte qu'espérait-elle? Ah, oui! Elle se serait bien vue, à la tête d'une plantation, aux Amériques, mener grand train. Nuée de domestiques, armoires débordantes, vomissantes de parures toutes plus éblouissantes les unes que les autres, de la porcelaine fine, des mets raffinés et rares plein sa table.
Quelle sotte! Dire qu'il l'avait baladée pendant tout ce temps! Son discours était bien rôdé, sa belle carrure et ses bonnes manières avaient fait le reste.
Mais elle avait compris maintenant. Elle savait. Ses parents avaient bien raison de lui dire qu'elle perdait son temps et son honnêteté. Il lui avait pris ses plus belles années et sa virginité.
Dieu qu'il est dur de vivre quand on est une âme en peine errante. Les soins et les tasses de thé que lui apportaient Alfred pouvaient bien encore durer une éternité, elle n'en avait que faire. Rien ne pouvait la soulager. Il était parti, laissant derrière lui un coeur meurtri. Elle n'avait même plus la force de sangloter. Elle avait tant pleuré que son coeur était sec. Elle s'était décidée à attendre là, sur cette bergère qui avait vu tant de larmes couler, ce que la vie pourrait bien lui apporter.
mardi 30 juin 2009
Note de lecture: Où on va Papa? Jean-Louis Fournier
Comme ça, à vue de nez, ce n'est pas un titre que j'aurais sélectionné pour ma pile, celle près de la table de nuit.
Il s'est invité, tout seul, comme un grand. Un bouquin qui a fait son bonhomme de chemin. Rencontré sur le blog de Jérôme Cayla, je l'ai retrouvé un soir, sur le dessus de la pile.
"Allez, viens par ici, toi... on va voir ce que ça donne"
Et voici ce que ça donne: des pensées, des réflexions douces amères, parfois carrément cyniques, des anecdotes. Le texte n'est jamais bien long, deux pages tout au plus. Mais ici, ce n'est pas la longueur qui importe, c'est un texte qui ne laisse pas indifférent, qui raconte la vie d'un papa de deux garçons handicapés.
Au-delà de la prise de conscience de la difficulté de cette vie en tant que parents, c'est un magnifique témoignage d'amour.
Il s'est invité, tout seul, comme un grand. Un bouquin qui a fait son bonhomme de chemin. Rencontré sur le blog de Jérôme Cayla, je l'ai retrouvé un soir, sur le dessus de la pile.
"Allez, viens par ici, toi... on va voir ce que ça donne"
Et voici ce que ça donne: des pensées, des réflexions douces amères, parfois carrément cyniques, des anecdotes. Le texte n'est jamais bien long, deux pages tout au plus. Mais ici, ce n'est pas la longueur qui importe, c'est un texte qui ne laisse pas indifférent, qui raconte la vie d'un papa de deux garçons handicapés.
Au-delà de la prise de conscience de la difficulté de cette vie en tant que parents, c'est un magnifique témoignage d'amour.
Bonne lecture!
mardi 23 juin 2009
Note de lecture: Huit nouvelles sur le développement durable
vendredi 12 juin 2009
Note de lecture: Le médecin d'Ispahan de Noah Gordon
Que dire de ce livre??
D'abord, reconnaissons- le, je ne l'ai pas attaqué avec impatience et entrain. C'était un cadeau à Mr Délits d'écritures -qui à bien aimé- récupéré par la suite grâce à une phase du type "Chéri, j'ai plus rien à lire"...
Ben oui, quoi chez moi ce n'est pas tant "J'ai plus rien à m'mettre le matin devant l'armoire ou le soir avant de sortir" mais en bon gros pyj' devant la bibliothèque (sex, hein-)!! ) "Bouhh!! j'ai plus rien à lire"
Revenons donc à nos moutons.
Je pense que c'est une histoire de mecs.
Le pitch: Dans l'Angleterrre du Moyen-Age, un jeune garçon, orphelin, se retrouve apprenti d'un barbier chirurgien. Comme il n'est pas satisfait de la manière dont ces derniers pratiquent la médecine, il traverse l'Europe pour aller se former à Ispahan. (Un ERASMUS avant l'heure, non??) Et c'est là-bas qu'il va lui arriver un tas de bricoles. On repassera pour la traditionnelle histoire d'amour qui pour le coup, ne casse pas trois pattes à un canard!
Le style est clair, on ne se perd pas: ni dans les phrases à rallonges, ni dans un vocabulaire trop recherché.
C'est un beau tableau cette période, mais bon, il faut aimer les histoires de toubibs!! C'est sûr, quand on est dans la partie, imaginer côtoyer Ibn Sina, ça fait quelque chose... Mais quand on y est pas...
Sur ce, bonne lecture!
lundi 8 juin 2009
Adieu patate! Autobiographie gourmande d'une pomme de terre, nouvelle
Ensuite, avec mes congénères, on nous a amené dans une grande pièce sombre et fraîche. Heureusement que nous étions plusieurs pour nous réchauffer. Et puis, par poignées, mes camarades ont commencé à disparaître. Une grande pince rose les attrapait et nous ne les revoyions plus. Un jour, ça a été mon tour. La grande pince m’a attrapé et jeté sur une grande table froide et grise. Ils m’ont mise toute nue.
- C’était affreux, grogna-t-elle en étouffant un sanglot.
L’homme avait presque les larmes aux yeux.
Et puis, une fois nue, j’ai été passée sous l’eau très froide, si froide que je frissonnais jusqu’au centre de mon corps. Et là, une lame glaciale m’a dépecée en quartier. J’avais beau crier, rien. Elle continua.
Jetée dans une eau bouillante qui me consumait les chairs, j’ai bien tenté de me reconstituer, mais impossible. Et le plus horrible était à venir. Je croyais ne pas pouvoir endurer pire, quand mise dans un cône en fer blanc, je tombais sans pouvoir lutter jusqu’à une sorte de moulinet. J’avais pu me rapprocher des autres parties de mon corps, mais quand la première partie de moi a été broyée par cette roue, je me suis évanouie. Quand j’ai repris mes esprits, j’étais liquéfiée, complètement disloquée. Alors pour enlever l’amertume de mes douleurs et de mes larmes, ils ont ajouté une pâte blanche et douce ainsi qu’une autre pâte jaune pâle. Elles étaient douces et me faisaient du bien.
L’homme n’avait plus du tout envie de manger sa purée.
- Mais, si, il faut me manger maintenant, lui dit-elle.
- Je ne vais quand même pas vous achever une seconde fois, petite pomme de terre!
- Si, sans quoi, toute ma vie aura été gâchée. Rappelez-vous comme j’ai travaillé relâche, ce petit goût de noisette. Alors, régalez-vous sans plus tarder, mais n’oubliez jamais l’histoire de la petite Bonotte de Noirmoutier !
- C’était affreux, grogna-t-elle en étouffant un sanglot.
L’homme avait presque les larmes aux yeux.
Et puis, une fois nue, j’ai été passée sous l’eau très froide, si froide que je frissonnais jusqu’au centre de mon corps. Et là, une lame glaciale m’a dépecée en quartier. J’avais beau crier, rien. Elle continua.
Jetée dans une eau bouillante qui me consumait les chairs, j’ai bien tenté de me reconstituer, mais impossible. Et le plus horrible était à venir. Je croyais ne pas pouvoir endurer pire, quand mise dans un cône en fer blanc, je tombais sans pouvoir lutter jusqu’à une sorte de moulinet. J’avais pu me rapprocher des autres parties de mon corps, mais quand la première partie de moi a été broyée par cette roue, je me suis évanouie. Quand j’ai repris mes esprits, j’étais liquéfiée, complètement disloquée. Alors pour enlever l’amertume de mes douleurs et de mes larmes, ils ont ajouté une pâte blanche et douce ainsi qu’une autre pâte jaune pâle. Elles étaient douces et me faisaient du bien.
L’homme n’avait plus du tout envie de manger sa purée.
- Mais, si, il faut me manger maintenant, lui dit-elle.
- Je ne vais quand même pas vous achever une seconde fois, petite pomme de terre!
- Si, sans quoi, toute ma vie aura été gâchée. Rappelez-vous comme j’ai travaillé relâche, ce petit goût de noisette. Alors, régalez-vous sans plus tarder, mais n’oubliez jamais l’histoire de la petite Bonotte de Noirmoutier !
mardi 26 mai 2009
Note de lecture: Muriel Barbery, L'élégance du hérisson

En voilà un bon bouquin!
Et dire que j'ai failli passer à côté! Oui, il a été récompensé... Ah bon?? Il faut le lire avec le dico à côté?? Il est super compliqué???
Autant d'arguments qui font que je n'étais pas pressée de lire ce livre et même plus, j'avais toujours autre chose à lire...
Et puis, un jour, le voyant depuis plusieurs mois déjà végéter dans le rayonnage de ma bibliothèque, je l'ai sorti et posé délicatement près de mon côté du lit.
On va voir ce que tu va donner...
Et puis, magie de l'écriture, je lis une page , puis deux, puis trois... Je suis enchantée. J'ai un petit carnet sur lequel je reporte les phrases qui m'interpellent, les tournures surprenantes, touchantes, émouvantes, les mots nouveaux... Mais là, c'est tout le livre que j'aurai pu recopié tant le style de l'auteur m'a transporté.
Le pitch du bouquin est archi connu: l'histoire d'une concierge d'un immeuble du 7ème arrondissement de Paris qui se fait passer pour ce qu'elle n'est pas.
L'histoire est simple et belle, racontée dans un style pur. La justesse des termes, la beauté des métaphores utilisées en font une véritable oeuvre d'art, et oui, je pèse mes mots.
C'est un livre comme je n'en ai pas rencontré depuis longtemps, avec des personnages qui deviennent familiers, des lieux que l'on a l'impression d'avoir arpenté toute notre vie, si bien que les dernières lignes m'ont arraché des larmes. Des années que cela ne m'était pas arrivé.
Un livre qui vaut vraiment le détour.
vendredi 22 mai 2009
Autobiographie gourmande d'une pomme de terre, nouvelle, 5

Certains de ma lignée avaient négligé leur aspect au profit de goût. Et ce sont eux qui vont venir se plaindre de terminer dans l’assiette d’un quidam. Il fallait y penser plus tôt. S’ils avaient écouté maman, comme moi, ils auraient eu des chances de pouvoir envisager de finir dans une assiette d’un chef étoilé ! Dès mes premiers jours, maman, m’avait prévenue : « forme et goût, goût et forme, rondeur et saveur, saveur et rondeur, feront de toi la plus belle des belles de mai ! ». Voilà ce qu’elle me murmurait à l’oreille avant que je sois trop loin de son cœur.
C’est cette comptine, anodine, que j’ai prise comme adage, qui a nourri cette ambition que je porte en moi depuis lors.
C’était certain, maman allait y rester, elle nous a tous fièrement portés, mais elle pouvait être fière de ses tiges. Nous sommes tous à ton image et quant à moi, Maman, sache-le, je suis particulièrement magnifique. Mon goût prometteur, sur lequel j’ai tant travaillé n’a d’égal que la perfection de ma rondeur, la douceur de mon toucher, et l’éclat de ma couleur !
- Oui, je suis devenue pour elle, une grande Bonnotte de Noirmoutier, de la famille des Solanacées !
- Oui, j’ai porté bien haut les saveurs de notre famille et en particulier, celle de notre plant !
Le son était sorti si fort de la fourchette qu’il était parvenu aux oreilles de la femme.
Elle était maintenant plus que suspicieuse.
- Et alors ? questionna l’homme, finalement intéressé par ce que la fourchette avait à raconter.
Alors, reprit l’esprit de la petite Bonotte, j’étais si belle, que j’ai directement été posée ans le cageot destiné au chef de ce restaurant. La seule de ma famille. Les autres ont fini empaquetés dans des vilains filets pour les supermarchés. Ensuite, avec mes congénères, on nous a amenés dans une grande pièce sombre et fraîche.
C’est cette comptine, anodine, que j’ai prise comme adage, qui a nourri cette ambition que je porte en moi depuis lors.
C’était certain, maman allait y rester, elle nous a tous fièrement portés, mais elle pouvait être fière de ses tiges. Nous sommes tous à ton image et quant à moi, Maman, sache-le, je suis particulièrement magnifique. Mon goût prometteur, sur lequel j’ai tant travaillé n’a d’égal que la perfection de ma rondeur, la douceur de mon toucher, et l’éclat de ma couleur !
- Oui, je suis devenue pour elle, une grande Bonnotte de Noirmoutier, de la famille des Solanacées !
- Oui, j’ai porté bien haut les saveurs de notre famille et en particulier, celle de notre plant !
Le son était sorti si fort de la fourchette qu’il était parvenu aux oreilles de la femme.
Elle était maintenant plus que suspicieuse.
- Et alors ? questionna l’homme, finalement intéressé par ce que la fourchette avait à raconter.
Alors, reprit l’esprit de la petite Bonotte, j’étais si belle, que j’ai directement été posée ans le cageot destiné au chef de ce restaurant. La seule de ma famille. Les autres ont fini empaquetés dans des vilains filets pour les supermarchés. Ensuite, avec mes congénères, on nous a amenés dans une grande pièce sombre et fraîche.
mercredi 13 mai 2009
Aubiographie gourmande d'une pomme de terre, nouvelle,

Maman avait beaucoup d’espoir lorsqu’elle a été plantée, dans ce champ, non loin de la mer. C’était une belle journée de février. Le doux ressac de la mer, et le soleil doré réchauffaient à peine la terre. Elle s’est tout de suite sentie à l’aise, dans cet écrin de goémon mêlé de terre, et mouillé d’embruns. Très vite, ses tiges ont poussé et de petits tubercules, dont ma petite personne, ont pointé le bout de leur nez.
L’homme était bouche bée, la cuillère à la main, mais ne disait rien.
L’homme était bouche bée, la cuillère à la main, mais ne disait rien.
La voix dans la fourchette poursuivait.
Mon enfance a été très protégée, vous savez. Dans ce cœur sablonneux, loin des terres communes et empestant les produits chimiques qui brûlent et étouffent nos semblables, j’ai pu m’épanouir et me concentrer sur les saveurs si particulières qui sont les miennes. J’ai travaillé de longues heures sur ce goût de noisette et j’ai surtout développé de manière subtile cet arôme intense d’iode que l’on devrait retrouver en bouche. Ce goût, c’est ce qui nous singularise de ces vulgaires patates !
L’homme salivait.
Soudain, une lumière aveuglante nous irradia. C’était à peine croyable !
Nous avons été attrapés par une horrible main toute rose. Encore heureux qu’elle nous ai délicatement déposés dans cette caisse de bois. Maman nous avait prévenu que cela se passerait comme ça, mais même en connaissance de cause, cette expérience était violente !
C’était là que tout devait se jouer, voyez-vous.
L’homme salivait.
Soudain, une lumière aveuglante nous irradia. C’était à peine croyable !
Nous avons été attrapés par une horrible main toute rose. Encore heureux qu’elle nous ai délicatement déposés dans cette caisse de bois. Maman nous avait prévenu que cela se passerait comme ça, mais même en connaissance de cause, cette expérience était violente !
C’était là que tout devait se jouer, voyez-vous.
mardi 28 avril 2009
Autobiographie gourmande d'une pomme de terre, nouvelle, 3
C’est que je ne suis pas n’importe qui voyez-vous ! C’est ce que maman nous a appris alors que nous étions encore de tout jeunes tubercules.
Je me présente. Je suis une Bonnotte de Noirmoutier, oui, une Bonnotte.
- Vous connaissez au moins ?
- Euh, non…
- Mon Dieu, un inculte ! Que c’est humiliant !
La fourchette continua.
- J’appartiens à la grande famille des Solanacées, mais s’il vous plait, ne me confondez avec une BF 15 ou une Amandine, ça m’irrite les épluchures ! J’appartiens en quelque sorte à l’aristocratie de la pomme de terre. Nous sommes récoltés à la main, pas comme n’importe quel vulgaire tubercule !
- Ah bon.
- Taisez-vous et écoutez ce que j’ai à vous raconter.
Un beau jour, j’ai ressenti une certaine agitation autour de moi, mais impossible d’en savoir plus. Il faut dire que les relations ne sont pas des plus pratiques sous terre. Nous ne sommes pas enfouies à des kilomètres de la croûte terrestre, mais les dix centimètres que nous avons au dessus de la tête nous isolent quand même du reste du monde. Mes voisins avaient eux aussi entendu, d’après ce qu’ils ont pu me raconter les grondements, les éclats de voix et les pas.
- Serait-ce possible que ce soit déjà l’heure de la récolte pour nous ? pensais-je tout excitée et frétillante à cette perspective.
C’est vrai que j’étais encore jeune, mais promue à un si bel avenir ! C’est pour cela qu’on nous dorlote tant nous autres, les Bonottes !
Je me présente. Je suis une Bonnotte de Noirmoutier, oui, une Bonnotte.
- Vous connaissez au moins ?
- Euh, non…
- Mon Dieu, un inculte ! Que c’est humiliant !
La fourchette continua.
- J’appartiens à la grande famille des Solanacées, mais s’il vous plait, ne me confondez avec une BF 15 ou une Amandine, ça m’irrite les épluchures ! J’appartiens en quelque sorte à l’aristocratie de la pomme de terre. Nous sommes récoltés à la main, pas comme n’importe quel vulgaire tubercule !
- Ah bon.
- Taisez-vous et écoutez ce que j’ai à vous raconter.
Un beau jour, j’ai ressenti une certaine agitation autour de moi, mais impossible d’en savoir plus. Il faut dire que les relations ne sont pas des plus pratiques sous terre. Nous ne sommes pas enfouies à des kilomètres de la croûte terrestre, mais les dix centimètres que nous avons au dessus de la tête nous isolent quand même du reste du monde. Mes voisins avaient eux aussi entendu, d’après ce qu’ils ont pu me raconter les grondements, les éclats de voix et les pas.
- Serait-ce possible que ce soit déjà l’heure de la récolte pour nous ? pensais-je tout excitée et frétillante à cette perspective.
C’est vrai que j’étais encore jeune, mais promue à un si bel avenir ! C’est pour cela qu’on nous dorlote tant nous autres, les Bonottes !
mercredi 22 avril 2009
Autobiographie gourmande d'une pomme de terre, nouvelle, 2

- Votre vie, s’écria-t-il en détachant nerveusement chaque syllabe.
Plus les minutes passaient, plus le regard de sa femme se troublait.
- De quelle vie tu parles chéri ?
- Là, dans la fourchette, quelqu’un me parle de sa vie…
- Ah oui ?
La fourchette continuait.
- Avez-vous imaginé que moi aussi j’ai pu avoir une vie avant de terminer en purée, dans une assiette de ce restaurant étoilé ?
- Non, je dois dire que l’idée ne m’avait pas effleuré répondit-il à la fourchette.
- C’est peut-être le Mercurey ? tenta sa femme
Ou alors les truffes… Elles manquaient peut-être de fraîcheur… Tu ne te sens pas bien ? hasarda-t-elle.
— Alors vous, oui vous, qui tenez cette fourchette, avant de m’engloutir, laisser moi vous raconter quelle a été ma vie.
- Votre vie, hein ?
- Oui, Monsieur, ma vie ! Oh, rassurez-vous, cela sera bien vite terminé, bien avant que votre plat ne refroidisse. Ce n’est pas si long la vie d’une pomme de terre !
Plus les minutes passaient, plus le regard de sa femme se troublait.
- De quelle vie tu parles chéri ?
- Là, dans la fourchette, quelqu’un me parle de sa vie…
- Ah oui ?
La fourchette continuait.
- Avez-vous imaginé que moi aussi j’ai pu avoir une vie avant de terminer en purée, dans une assiette de ce restaurant étoilé ?
- Non, je dois dire que l’idée ne m’avait pas effleuré répondit-il à la fourchette.
- C’est peut-être le Mercurey ? tenta sa femme
Ou alors les truffes… Elles manquaient peut-être de fraîcheur… Tu ne te sens pas bien ? hasarda-t-elle.
— Alors vous, oui vous, qui tenez cette fourchette, avant de m’engloutir, laisser moi vous raconter quelle a été ma vie.
- Votre vie, hein ?
- Oui, Monsieur, ma vie ! Oh, rassurez-vous, cela sera bien vite terminé, bien avant que votre plat ne refroidisse. Ce n’est pas si long la vie d’une pomme de terre !
mercredi 15 avril 2009
Autobiographie gourmande d'une pomme de terre, nouvelle 1

- Eh oh ! Eh oh, là haut ! Ça ne va pas, non ??
Le grand brun recula la fourchette qu’il s’apprêtait à enfourner dans sa bouche et l’air interloqué, regarda autour de lui.
Rien. Tout avait l’air complètement normal. La serveuse servait, le barman débarrassait les verres et rangeait un lave-vaisselle qui venait de s’achever, les clients dînaient paisiblement.
En relevant un sourcil, il acquiesça à destination de sa femme. Il n’avait pas très bien compris ce qu’elle venait de dire. Il ne devait pas avoir manqué grand-chose, elle ne disait jamais rien de censé.
Le grand brun recula la fourchette qu’il s’apprêtait à enfourner dans sa bouche et l’air interloqué, regarda autour de lui.
Rien. Tout avait l’air complètement normal. La serveuse servait, le barman débarrassait les verres et rangeait un lave-vaisselle qui venait de s’achever, les clients dînaient paisiblement.
En relevant un sourcil, il acquiesça à destination de sa femme. Il n’avait pas très bien compris ce qu’elle venait de dire. Il ne devait pas avoir manqué grand-chose, elle ne disait jamais rien de censé.
Pourtant, il s’aperçut qu’elle l’observait avec un air étrange.
Il soupira et s’apprêta pour la seconde fois à déguster cette purée qui avait l’air tellement délicieuse quand il entendit la voix à nouveau.
- EHO ! Mais, ma parole, ça ne va vraiment pas, vous là !
Il lâcha sa fourchette qui bruyamment tomba dans l’assiette.
- Tu as entendu ? demande-t-il à sa femme.
- Entendu quoi, chéri ?
- Ben, là, ça fait deux fois que je veux avaler le contenu de cette fourchette et chaque fois une voix m’en empêche.
- Je crois que tu te trompes, lui dit sa femme. Il faut dire que tu es un peu surmené en ce moment, répondit-elle doucement
- Tu as sans doute raison, reconnut- il.
Pour la troisième fois, il leva la fourchette en direction de sa bouche. De nouveau, il entendit la petite voix.
- Bon, ce n’est pas un peu fini ce cirque ? On peut manger, oui, mais quand même, vous êtes là, en bonne compagnie, assis confortablement, dans un charmant petit coin de ce restaurant, l’œil heureux, l’esprit légèrement grisé par ce verre de Mercurey, les papilles toutes excitées à l’idée de ce que vous aller déguster. Mais avez-vous envisagé, ne serait-ce qu’une demi-seconde quelle a été ma vie avant d’échouer dans votre assiette ? [...]
Il soupira et s’apprêta pour la seconde fois à déguster cette purée qui avait l’air tellement délicieuse quand il entendit la voix à nouveau.
- EHO ! Mais, ma parole, ça ne va vraiment pas, vous là !
Il lâcha sa fourchette qui bruyamment tomba dans l’assiette.
- Tu as entendu ? demande-t-il à sa femme.
- Entendu quoi, chéri ?
- Ben, là, ça fait deux fois que je veux avaler le contenu de cette fourchette et chaque fois une voix m’en empêche.
- Je crois que tu te trompes, lui dit sa femme. Il faut dire que tu es un peu surmené en ce moment, répondit-elle doucement
- Tu as sans doute raison, reconnut- il.
Pour la troisième fois, il leva la fourchette en direction de sa bouche. De nouveau, il entendit la petite voix.
- Bon, ce n’est pas un peu fini ce cirque ? On peut manger, oui, mais quand même, vous êtes là, en bonne compagnie, assis confortablement, dans un charmant petit coin de ce restaurant, l’œil heureux, l’esprit légèrement grisé par ce verre de Mercurey, les papilles toutes excitées à l’idée de ce que vous aller déguster. Mais avez-vous envisagé, ne serait-ce qu’une demi-seconde quelle a été ma vie avant d’échouer dans votre assiette ? [...]
lundi 6 avril 2009
Tombeau pour le collège, Mara Goyet

Un témoignage tellement vrai... L'impression de lire ce que j'ai vécu à chaque détour de phrase, de mot...
Pour tout ceux qui veulent savoir VRAIMENT ce qui se passe dans les classes et les collèges.
Et ce n'est pas du chiqué, parole de prof!
dimanche 29 mars 2009
Le temps d'un mot
MOT ...
MoT ...
mot ...
"Elle ne fait pas la cuisine, elle la roucoule" ( Jean-Luc Petitrenaud à propos de la cuisine de la maman d'un de ses amis)
Pour moi qui ai la prétention de cuisiner un peu, je trouve cette expression magnifique! dans ce "roucoule", il y a tout, le don de soi, l'amour de la cuisine, l'envie de faire partager ses plats...
J'adore!!
Inscription à :
Articles (Atom)


