Venez, allez, n'hésitez pas ...

Laissez- moi vous prendre la main et vous emmener dans mon monde.
Pour quelques instants, quittez ce présent.
Je vous invite au rire, à l'évasion, à sauter à pieds joints dans mon imagination.
Alors, on y va?

mardi 30 juin 2009

Note de lecture: Où on va Papa? Jean-Louis Fournier


Comme ça, à vue de nez, ce n'est pas un titre que j'aurais sélectionné pour ma pile, celle près de la table de nuit.

Il s'est invité, tout seul, comme un grand. Un bouquin qui a fait son bonhomme de chemin. Rencontré sur le blog de Jérôme Cayla, je l'ai retrouvé un soir, sur le dessus de la pile.

"Allez, viens par ici, toi... on va voir ce que ça donne"

Et voici ce que ça donne: des pensées, des réflexions douces amères, parfois carrément cyniques, des anecdotes. Le texte n'est jamais bien long, deux pages tout au plus. Mais ici, ce n'est pas la longueur qui importe, c'est un texte qui ne laisse pas indifférent, qui raconte la vie d'un papa de deux garçons handicapés.
Au-delà de la prise de conscience de la difficulté de cette vie en tant que parents, c'est un magnifique témoignage d'amour.


Bonne lecture!



mardi 23 juin 2009

Note de lecture: Huit nouvelles sur le développement durable


Un petit recueil, sobre, poignant, bien écrit.
Rien à ajouter... Un bon moment simple et vrai en tête à tête avec son livre!
Bonne lecture!

vendredi 12 juin 2009

Note de lecture: Le médecin d'Ispahan de Noah Gordon


Que dire de ce livre??
D'abord, reconnaissons- le, je ne l'ai pas attaqué avec impatience et entrain. C'était un cadeau à Mr Délits d'écritures -qui à bien aimé- récupéré par la suite grâce à une phase du type "Chéri, j'ai plus rien à lire"...
Ben oui, quoi chez moi ce n'est pas tant "J'ai plus rien à m'mettre le matin devant l'armoire ou le soir avant de sortir" mais en bon gros pyj' devant la bibliothèque (sex, hein-)!! ) "Bouhh!! j'ai plus rien à lire"
Revenons donc à nos moutons.
Je pense que c'est une histoire de mecs.
Le pitch: Dans l'Angleterrre du Moyen-Age, un jeune garçon, orphelin, se retrouve apprenti d'un barbier chirurgien. Comme il n'est pas satisfait de la manière dont ces derniers pratiquent la médecine, il traverse l'Europe pour aller se former à Ispahan. (Un ERASMUS avant l'heure, non??) Et c'est là-bas qu'il va lui arriver un tas de bricoles. On repassera pour la traditionnelle histoire d'amour qui pour le coup, ne casse pas trois pattes à un canard!
Le style est clair, on ne se perd pas: ni dans les phrases à rallonges, ni dans un vocabulaire trop recherché.
C'est un beau tableau cette période, mais bon, il faut aimer les histoires de toubibs!! C'est sûr, quand on est dans la partie, imaginer côtoyer Ibn Sina, ça fait quelque chose... Mais quand on y est pas...
Sur ce, bonne lecture!

lundi 8 juin 2009

Adieu patate! Autobiographie gourmande d'une pomme de terre, nouvelle

Ensuite, avec mes congénères, on nous a amené dans une grande pièce sombre et fraîche. Heureusement que nous étions plusieurs pour nous réchauffer. Et puis, par poignées, mes camarades ont commencé à disparaître. Une grande pince rose les attrapait et nous ne les revoyions plus. Un jour, ça a été mon tour. La grande pince m’a attrapé et jeté sur une grande table froide et grise. Ils m’ont mise toute nue.
- C’était affreux, grogna-t-elle en étouffant un sanglot.
L’homme avait presque les larmes aux yeux.

Et puis, une fois nue, j’ai été passée sous l’eau très froide, si froide que je frissonnais jusqu’au centre de mon corps. Et là, une lame glaciale m’a dépecée en quartier. J’avais beau crier, rien. Elle continua.

Jetée dans une eau bouillante qui me consumait les chairs, j’ai bien tenté de me reconstituer, mais impossible. Et le plus horrible était à venir. Je croyais ne pas pouvoir endurer pire, quand mise dans un cône en fer blanc, je tombais sans pouvoir lutter jusqu’à une sorte de moulinet. J’avais pu me rapprocher des autres parties de mon corps, mais quand la première partie de moi a été broyée par cette roue, je me suis évanouie. Quand j’ai repris mes esprits, j’étais liquéfiée, complètement disloquée. Alors pour enlever l’amertume de mes douleurs et de mes larmes, ils ont ajouté une pâte blanche et douce ainsi qu’une autre pâte jaune pâle. Elles étaient douces et me faisaient du bien.

L’homme n’avait plus du tout envie de manger sa purée.
- Mais, si, il faut me manger maintenant, lui dit-elle.
- Je ne vais quand même pas vous achever une seconde fois, petite pomme de terre!
- Si, sans quoi, toute ma vie aura été gâchée. Rappelez-vous comme j’ai travaillé relâche, ce petit goût de noisette. Alors, régalez-vous sans plus tarder, mais n’oubliez jamais l’histoire de la petite Bonotte de Noirmoutier !

mardi 26 mai 2009

Note de lecture: Muriel Barbery, L'élégance du hérisson


En voilà un bon bouquin!
Et dire que j'ai failli passer à côté! Oui, il a été récompensé... Ah bon?? Il faut le lire avec le dico à côté?? Il est super compliqué???
Autant d'arguments qui font que je n'étais pas pressée de lire ce livre et même plus, j'avais toujours autre chose à lire...
Et puis, un jour, le voyant depuis plusieurs mois déjà végéter dans le rayonnage de ma bibliothèque, je l'ai sorti et posé délicatement près de mon côté du lit.
On va voir ce que tu va donner...
Et puis, magie de l'écriture, je lis une page , puis deux, puis trois... Je suis enchantée. J'ai un petit carnet sur lequel je reporte les phrases qui m'interpellent, les tournures surprenantes, touchantes, émouvantes, les mots nouveaux... Mais là, c'est tout le livre que j'aurai pu recopié tant le style de l'auteur m'a transporté.
Le pitch du bouquin est archi connu: l'histoire d'une concierge d'un immeuble du 7ème arrondissement de Paris qui se fait passer pour ce qu'elle n'est pas.
L'histoire est simple et belle, racontée dans un style pur. La justesse des termes, la beauté des métaphores utilisées en font une véritable oeuvre d'art, et oui, je pèse mes mots.
C'est un livre comme je n'en ai pas rencontré depuis longtemps, avec des personnages qui deviennent familiers, des lieux que l'on a l'impression d'avoir arpenté toute notre vie, si bien que les dernières lignes m'ont arraché des larmes. Des années que cela ne m'était pas arrivé.
Un livre qui vaut vraiment le détour.

vendredi 22 mai 2009

Autobiographie gourmande d'une pomme de terre, nouvelle, 5


Certains de ma lignée avaient négligé leur aspect au profit de goût. Et ce sont eux qui vont venir se plaindre de terminer dans l’assiette d’un quidam. Il fallait y penser plus tôt. S’ils avaient écouté maman, comme moi, ils auraient eu des chances de pouvoir envisager de finir dans une assiette d’un chef étoilé ! Dès mes premiers jours, maman, m’avait prévenue : « forme et goût, goût et forme, rondeur et saveur, saveur et rondeur, feront de toi la plus belle des belles de mai ! ». Voilà ce qu’elle me murmurait à l’oreille avant que je sois trop loin de son cœur.
C’est cette comptine, anodine, que j’ai prise comme adage, qui a nourri cette ambition que je porte en moi depuis lors.

C’était certain, maman allait y rester, elle nous a tous fièrement portés, mais elle pouvait être fière de ses tiges. Nous sommes tous à ton image et quant à moi, Maman, sache-le, je suis particulièrement magnifique. Mon goût prometteur, sur lequel j’ai tant travaillé n’a d’égal que la perfection de ma rondeur, la douceur de mon toucher, et l’éclat de ma couleur !
- Oui, je suis devenue pour elle, une grande Bonnotte de Noirmoutier, de la famille des Solanacées !
- Oui, j’ai porté bien haut les saveurs de notre famille et en particulier, celle de notre plant !

Le son était sorti si fort de la fourchette qu’il était parvenu aux oreilles de la femme.
Elle était maintenant plus que suspicieuse.

- Et alors ? questionna l’homme, finalement intéressé par ce que la fourchette avait à raconter.

Alors, reprit l’esprit de la petite Bonotte, j’étais si belle, que j’ai directement été posée ans le cageot destiné au chef de ce restaurant. La seule de ma famille. Les autres ont fini empaquetés dans des vilains filets pour les supermarchés. Ensuite, avec mes congénères, on nous a amenés dans une grande pièce sombre et fraîche.

mercredi 13 mai 2009

Aubiographie gourmande d'une pomme de terre, nouvelle,



Maman avait beaucoup d’espoir lorsqu’elle a été plantée, dans ce champ, non loin de la mer. C’était une belle journée de février. Le doux ressac de la mer, et le soleil doré réchauffaient à peine la terre. Elle s’est tout de suite sentie à l’aise, dans cet écrin de goémon mêlé de terre, et mouillé d’embruns. Très vite, ses tiges ont poussé et de petits tubercules, dont ma petite personne, ont pointé le bout de leur nez.

L’homme était bouche bée, la cuillère à la main, mais ne disait rien.


La voix dans la fourchette poursuivait.


Mon enfance a été très protégée, vous savez. Dans ce cœur sablonneux, loin des terres communes et empestant les produits chimiques qui brûlent et étouffent nos semblables, j’ai pu m’épanouir et me concentrer sur les saveurs si particulières qui sont les miennes. J’ai travaillé de longues heures sur ce goût de noisette et j’ai surtout développé de manière subtile cet arôme intense d’iode que l’on devrait retrouver en bouche. Ce goût, c’est ce qui nous singularise de ces vulgaires patates !

L’homme salivait.

Soudain, une lumière aveuglante nous irradia. C’était à peine croyable !
Nous avons été attrapés par une horrible main toute rose. Encore heureux qu’elle nous ai délicatement déposés dans cette caisse de bois. Maman nous avait prévenu que cela se passerait comme ça, mais même en connaissance de cause, cette expérience était violente !

C’était là que tout devait se jouer, voyez-vous.